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Une croissance exponentielle

[Le tourisme en France et dans le monde], pour plus d'information, consulter la description longue en dessous de cette illustration

Légende : Visiter le Louvre , 2013.
© Wikimedia Commons

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Le tourisme, activité ancienne, est à présent un fait mondial. Au fil des décennies, il est devenu non seulement un phénomène social central dans les sociétés contemporaines, mais le tourisme moderne est également l’un des secteurs économiques à la croissance la plus rapide du monde.

Le développement du tourisme

Barque lémanique

Barque lémanique, Evian-les-Bains.

© Jean-Pierre Bilem

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Dans "Le tourisme. Lectures géographiques ", n°8094 de la revue Documentation photographique (La Documentation française, juillet-août 2013), Philippe Duhamel affirme que « la croissance touristique suit … deux logiques : d’une part une mobilité internationale, pointe émergée de l’iceberg, dont la progression devient exponentielle ; d’autre part, une  mobilité domestique ou nationale beaucoup plus récente à l’échelle mondiale, qui connaît également une très forte croissance.

Les mobilités internationales représentaient 50 millions de touristes en 1950 ; elles concernent un milliard de touristes en 2012, soit une croissance moyenne interannuelle de 15 millions de personnes. L’augmentation fut régulière entre 1950 et 1980, avec une légère inflexion autour du premier choc pétrolier et une stabilisation assez nette au moment du second, avant de  connaître une nouvelle phase de croissance plus accentuée jusqu’au ralentissement provoqué par les attentats du 11 septembre 2001, suivis de l’épidémie de Syndrome respiratoire aigu sévère (Sras) partie d’Asie en 2003.

Depuis, la croissance touristique internationale connaît des logiques contrastées, entre fortes progressions interannuelles et rares reculs (…) Tout porte donc à croire que rien ou presque n’arrête le développement du tourisme. Crise économique, catastrophes naturelles ou sanitaires, guerres ou actes terroristes produisent des temps d’arrêt qui peuvent durer plusieurs années à l’échelle d’une région ou d’un pays, mais qui sont peu sensibles à l’échelle continentale ou mondiale. Le plus intéressant est la vitesse avec laquelle les sociétés humaines redeviennent touristiques une fois la paix, la stabilité ou la résolution de la crise établie ».

Plage en Chine, 2009

Plage en Chine, 2009.

© Wikimedia Commons

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Si « l’actualité du tourisme est sa mondialisation (…), l’évolution la plus marquante des trente dernières années est l’avènement de nouvelles populations touristiques » dont notamment les touristes "émergents", souligne Philippe Duhamel. En effet, « depuis les années 1980, les populations d’Amérique centrale et du Sud et celles du monde asiatique se sont  progressivement affirmées sur le marché touristique dans chacun des pays concernés, dans les ensembles continentaux mais aussi à l’échelle du monde ».  Dans ces mutations en cours, « le bloc asiatique s’est imposé. Les populations japonaises ont voyagé [à partir des années 1970] (…) au cours de la décennie 1990, elles ont été rejointes par celles des pays de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (Asean), en dépit de la crise de 1997 qui a momentanément stabilisé cette évolution. L’émergence du monde chinois n’a fait que renforcer cette tendance et l’Asie devance désormais les Amériques».

Une demande évolutive et complexe

En France, différents facteurs politiques,  sociétaux et économiques ont été à l’origine de l’essor du tourisme. Son développement massif  y  est intiment lié à l’avènement, en 1936, des congés payés, et notamment à leur allongement progressif à cinq semaines en 1982. Cette cinquième semaine a par ailleurs ouvert la voie aux courts séjours en complément des habituels départs en vacances et par là à un foisonnement de pratiques nouvelles.

Le Colisée de Rome

Le Colisée de Rome, 2013

© Céline Bayou

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Dans "Le tourisme un phénomène économique" (Les Etudes de la Documentation française, 2013), Philippe Violier explique notamment  que  « le fractionnement des vacances et les dispositifs d’ARTT ont encouragé le développement des courts séjours. Selon l’Insee, en 1964, le nombre moyen de journées par séjour de  vacances s’élevait à 19,6 contre 11,8 en 2004. Depuis 1999, la durée moyenne des séjours s’est ainsi stabilisée à une douzaine de jours. Les séjours de bord de mer sont les plus longs, et les séjours en ville les plus courts.
Les courts séjours (1 à 3 nuitées) ont augmenté sur les dix dernières années (+ 10 % entre 1997 et 2006) et se stabilisent depuis. Ils représentaient en 2011 près de 21 % des voyages à l’étranger ou en outre-mer pour motifs personnels et plus de 56 % des voyages en France métropolitaine. Les courts séjours sont généralement plus onéreux que les longs séjours : en moyenne, tous espaces touristiques confondus, ils ont entraîné une dépense de 70,6 € par nuitée contre 40,1 € durant les longs séjours, en 2007, selon l’Insee. Le départ en courts  séjours est plus fréquent chez les 35-49 ans, chez les catégories sociales assez favorisées ou  les grands voyageurs, les classes les plus modestes et les petits voyageurs qui se déplacent peu dans l’année concentrant leurs dépenses sur la prise de vacances annuelles plus longues. Sans surprise, on note une relation inverse entre la taille des familles et les départs en courts  séjours : en 2004, la direction du Tourisme notait que 66,4 % des courts séjours étaient le fait de ménages sans enfants, et pour seulement 0,4 % celui de familles de 4 enfants et plus ».

L’impact des technologies numériques

Port Le Bouveret, Suisse

Port Le Bouveret, Suisse.

© Jean-Pierre Bilem

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La montée en puissance des technologies numériques et notamment de l'accès à Internet, a  rebattu les cartes du marché du tourisme mondial et a bouleversé les acteurs nationaux. Pour les usagers, le e-tourisme offre désormais des moyens de préparer, d'organiser et de réserver ses voyages via Internet. 

Selon un rapport  publié par le Sénat  en octobre 2013 ("Tourisme : une place de leader à reconquérir"),  « les voyages et le tourisme restent le premier secteur de produits et services achetés en ligne et internet le premier canal de distribution : 30 % du chiffre d’affaires de l’hôtellerie en France passe déjà par les réservations faites sur le web. En outre, des opérateurs hôteliers peuvent être amenés à perdre la commercialisation de leurs propres nuitées, dés lors qu’une partie a lieu au moyen de ces plates-formes en ligne. Ces dernières vont en effet jusqu’à interdire contractuellement aux hôteliers qui ne sont pas en mesure de s’y opposer de les concurrencer en offrant des chambres à des tarifs inférieurs à ceux  qu’elles pratiquent. 

(…) Le développement des plates-formes de réservation en ligne, est un phénomène récent et d’une ampleur massive (…) une source majeure d’inquiétude quant à la répartition de la chaîne de valeur dans l’industrie touristique. Booking.com, Ebookers.fr, Expédia.fr, Voyage privé.com, Last minute.com… toutes  ces centrales de réservation agrègent désormais l’offre proposée par un nombre croissant d’opérateurs physiques implantés sur le territoire national pour la proposer sur Internet aux voyageurs potentiels du monde entier. (…) Cette visibilité nouvelle à l’échelle planétaire constitue un avantage appréciable pour des opérateurs souvent territorialisés. Le "revers de la médaille" est la commission substantielle qu’empochent ces grandes centrales de réservation sur les transactions ainsi réalisées. Situées en dehors de la France,  parfois même de l’Union européenne, elles réalisent en outre, des bénéfices pour des prestations pour partie achetées par des consommateurs nationaux qui échappent entièrement à notre système fiscal. À l’opposé, des  centrales  "institutionnelles" basées dans notre pays, telles que Gites de France, prennent des marges bien moins élevées. Surtout, l’argent qu’elles récoltent grâce à leur activité de réservation est réinjecté dans l’économie du tourisme, par exemple à travers des actions de formation de personnels ou de promotion des offres ».

Mis à jour le 15/07/2014

 

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